# Pourquoi votre bébé se racle la gorge et quand consulter ?

Le raclement de gorge chez le nourrisson inquiète fréquemment les jeunes parents qui découvrent ces manifestations sonores inhabituelles chez leur bébé. Ces bruits peuvent survenir à tout moment de la journée, particulièrement après les repas ou pendant le sommeil, créant une source d’anxiété légitime. Pourtant, dans la majorité des cas, ces symptômes traduisent simplement l’immaturité physiologique du système respiratoire et digestif du nouveau-né. Comprendre les mécanismes sous-jacents permet de distinguer les situations bénignes des véritables signaux d’alerte nécessitant une intervention médicale. Cette connaissance approfondie aide les parents à adopter une attitude sereine tout en restant vigilants face aux signes préoccupants qui pourraient révéler une pathologie plus sérieuse.

Physiologie du réflexe de raclement de gorge chez le nourrisson

Mécanisme de clearance mucociliaire et immaturité des voies respiratoires

Le système respiratoire du nourrisson présente des particularités anatomiques et fonctionnelles essentielles à comprendre pour interpréter correctement les raclements de gorge. Les voies aériennes supérieures d’un bébé sont proportionnellement plus étroites que celles d’un adulte, avec un diamètre trachéal d’environ 4 millimètres contre 20 millimètres chez l’adulte. Cette configuration rend votre enfant naturellement plus vulnérable aux obstructions partielles causées par les sécrétions muqueuses. Le système de clearance mucociliaire, responsable de l’évacuation naturelle du mucus, fonctionne de manière moins efficace durant les premiers mois de vie.

Les cellules ciliées qui tapissent l’épithélium respiratoire n’atteignent leur pleine maturité qu’après plusieurs semaines, ce qui explique pourquoi les sécrétions s’accumulent plus facilement dans la gorge du nourrisson. Ce phénomène physiologique normal entraîne des sensations d’encombrement que votre bébé tente d’évacuer par des raclements réflexes. La production de mucus représente par ailleurs un mécanisme de défense essentiel contre les agents pathogènes, mais son évacuation inefficace crée ces bruits caractéristiques qui préoccupent tant les parents. Environ 60% des nourrissons de moins de trois mois présentent occasionnellement ces manifestations sans qu’aucune pathologie sous-jacente ne soit identifiée.

Réflexe pharyngé et développement du système nerveux autonome

Le raclement de gorge constitue une réponse automatique déclenchée par la stimulation des récepteurs pharyngés sensibles aux irritations mécaniques ou chimiques. Chez le nourrisson, le système nerveux autonome qui contrôle ces réflexes protecteurs n’a pas encore atteint sa pleine maturité fonctionnelle. Cette immaturité explique pourquoi votre bébé peut manifester des réactions exagérées ou répétitives face à des stimulations minimes. Les circuits neuronaux responsables de la coordination entre déglutition, respiration et toux se perfectionnent progressivement durant les premiers mois.

L’intégration sensorielle au niveau du tronc cérébral permet normalement de filtrer les sensations pharyngées non significatives, mais ce mécanisme de filtrage reste rudimentaire chez le nouveau-né. Votre enfant peut donc réagir de manière disproportionnée à la présence de mucus ou de salive dans sa gorge, déclenchant des raclements fréquents même pour des quantités minimes de sécrétions. Cette hyperréactivité diminue natur

Cette hyperréactivité diminue naturellement avec la maturation neurologique, en général au cours de la première année de vie. C’est pourquoi un bébé qui se racle souvent la gorge à 2 ou 3 mois peut ne presque plus présenter ce symptôme vers 9 ou 12 mois, sans qu’aucun traitement spécifique n’ait été nécessaire. Vous pouvez donc observer une évolution progressive, avec des phases plus marquées lors des poussées de croissance, des rhumes ou des épisodes de reflux plus importants. Ce caractère fluctuant du raclement de gorge, sans altération de l’état général, oriente le plus souvent vers un phénomène physiologique plutôt que vers une pathologie respiratoire grave.

Production de mucus nasal et écoulement postérieur chez le bébé

Chez le nourrisson, la production de mucus nasal est continue et joue un rôle fondamental de protection contre les virus, les bactéries et les particules irritantes de l’air. Comme votre bébé ne sait pas encore se moucher, ce mucus s’évacue soit par l’avant du nez, soit vers l’arrière, en coulant dans le pharynx : on parle de rhinorrhée postérieure. Cet écoulement discret provoque une sensation de gorge encombrée et déclenche des réflexes de toux douce ou de raclement, surtout en position allongée.

La cavité nasale d’un nouveau-né étant très petite, une quantité de sécrétions objectivement limitée peut suffire à donner l’impression qu’il « grogne », « ronronne » ou se racle la gorge en permanence. Les épisodes de raclement de gorge s’intensifient souvent la nuit, lorsque le bébé est couché sur le dos et que les sécrétions s’accumulent plus facilement dans l’arrière-gorge. Dans ce contexte, un simple lavage de nez au sérum physiologique et une bonne humidification de l’air ambiant suffisent souvent à diminuer nettement ces manifestations.

Différenciation entre raclement physiologique et pathologique

Comment savoir si le raclement de gorge de votre bébé est « normal » ou s’il traduit un problème sous-jacent ? Un raclement physiologique reste généralement intermittent, non douloureux, et n’altère ni la respiration ni l’alimentation. Votre enfant boit bien, prend du poids, dort globalement correctement (hors petits réveils liés aux besoins habituels d’un nourrisson) et ne présente ni fièvre, ni difficultés respiratoires visibles. Dans ce cas, le raclement de gorge s’apparente davantage à un mécanisme de nettoyage qu’à un symptôme inquiétant.

À l’inverse, un raclement de gorge pathologique s’accompagne souvent d’autres signes : respiration rapide ou sifflante, tirage au niveau des côtes ou du cou, refus de boire, pleurs importants au coucher, vomissements répétés, toux persistante ou fièvre. Vous pouvez également remarquer que votre bébé semble épuisé, qu’il devient moins réactif ou qu’il a du mal à reprendre son souffle après un épisode de raclement. C’est l’association de ces symptômes, plus que le bruit isolé lui-même, qui doit vous alerter et motiver une consultation médicale rapide.

Causes bénignes du raclement de gorge répétitif

Reflux gastro-œsophagien (RGO) du nourrisson et irritation laryngée

Le reflux gastro-œsophagien du nourrisson représente l’une des causes les plus fréquentes de raclement de gorge répété. Dans le RGO, une partie du contenu acide de l’estomac remonte dans l’œsophage, et parfois jusqu’au larynx, irritant les muqueuses. Même lorsque le lait ne ressort pas par la bouche, ces remontées « silencieuses » peuvent provoquer une sensation de brûlure ou de gêne au niveau de la gorge, que le bébé cherche à soulager en se raclant ou en toussotant. Vous pouvez parfois noter une haleine acide, des régurgitations de lait caillé ou des hoquets fréquents associés à ces bruits.

Dans les formes bénignes, le bébé reste tonique, continue à bien prendre du poids et présente surtout une gêne après les repas ou en position couchée. Le raclement de gorge lié au RGO peut s’accompagner de grimaces, de petits pleurs au moment de l’endormissement à plat sur le dos, ou d’un besoin de dormir davantage en position inclinée. Des mesures simples comme le fractionnement des repas, le maintien en position verticale après les tétées, l’adaptation de la tétine ou du lait (sur avis médical) et, chez certains nourrissons, la prise en charge ostéopathique, suffisent souvent à réduire nettement ces symptômes sans recourir systématiquement aux médicaments antiacides.

Rhinorrhée postérieure liée aux infections virales saisonnières

Les rhumes et infections virales saisonnières, très fréquents chez les nourrissons, sont une autre cause bénigne et transitoire de raclement de gorge. Durant un épisode de rhinopharyngite, la muqueuse nasale produit davantage de mucus pour piéger les agents infectieux. Comme votre bébé ne sait ni se moucher ni se racler consciemment la gorge, ces sécrétions coulent vers l’arrière et s’accumulent dans le pharynx, provoquant cette sensation d’encombrement caractéristique. Vous entendez alors des bruits de « raclement », de grognement ou de respiration « mouillée », surtout en position allongée.

Dans ce contexte, le raclement de gorge s’intègre à un tableau plus global : éternuements, nez qui coule, toux légère, parfois fièvre modérée et appétit un peu diminué. La plupart de ces infections virales guérissent spontanément en 7 à 10 jours. Des lavages de nez réguliers au sérum physiologique, une bonne hydratation et le maintien d’une atmosphère non enfumée constituent la base du traitement. Tant que votre bébé respire correctement, boit suffisamment et reste globalement vif, ce raclement de gorge n’a pas de caractère alarmant, même s’il peut être impressionnant pour les parents.

Sécheresse des muqueuses et hygrométrie insuffisante de l’environnement

Un air trop sec dans la chambre du nourrisson peut également provoquer ou accentuer le raclement de gorge. Le chauffage hivernal, les pièces peu aérées ou l’utilisation prolongée de climatisation assèchent les muqueuses respiratoires, les rendant plus sensibles aux irritations. Lorsque la gorge est sèche, de petits amas de mucus épaissi peuvent se former et déclencher un réflexe de raclement, un peu comme lorsqu’un adulte ressent le besoin de « se racler » après avoir parlé longtemps dans un environnement sec.

Vous pouvez suspecter ce type de cause si les bruits de raclement apparaissent surtout la nuit, dans une chambre chauffée ou mal ventilée, sans autre signe respiratoire associé. Dans ce cas, quelques mesures environnementales simples peuvent faire une vraie différence : aérer quotidiennement la chambre, maintenir une température autour de 18–20 °C, éviter les chauffages soufflants dirigés vers le lit et, si besoin, utiliser un humidificateur à froid en suivant scrupuleusement les recommandations d’entretien. Une bonne hydratation du bébé (tétées régulières, boissons adaptées à son âge) participe également à limiter ces épisodes de gorge sèche.

Transition alimentaire et adaptation digestive progressive

La diversification alimentaire et les changements de laits infantiles constituent parfois des périodes durant lesquelles le raclement de gorge devient plus fréquent. Le système digestif du nourrisson doit progressivement s’adapter à de nouvelles textures, à des protéines différentes (notamment en cas d’introduction ou de suppression des protéines de lait de vache) et à des volumes alimentaires modifiés. Cette adaptation peut s’accompagner d’un léger RGO transitoire, de gaz ou de ballonnements, qui favorisent les remontées acides vers la gorge.

Vous pouvez observer, au moment de la transition alimentaire, un bébé qui se racle davantage la gorge après les repas, qui déglutit souvent ou qui semble « mâchonner dans le vide ». Si son état général reste bon, sans vomissements répétés, sans diarrhée sévère ni perte de poids, ces manifestations relèvent le plus souvent d’une phase d’ajustement. Introduire les nouveaux aliments progressivement, éviter les quantités trop importantes d’un seul coup et surveiller la tolérance digestive permet généralement de limiter ces symptômes. En cas de doute sur une intolérance ou une allergie alimentaire, un avis médical s’impose pour adapter au mieux l’alimentation.

Pathologies respiratoires associées au raclement chronique

Laryngomalacie et hypotonie des structures laryngées

La laryngomalacie est une anomalie bénigne mais fréquente du larynx du nourrisson, caractérisée par une souplesse excessive des cartilages laryngés. Concrètement, certaines parties du larynx ont tendance à s’affaisser légèrement vers l’intérieur lors de l’inspiration, réduisant partiellement le calibre des voies aériennes supérieures. Cette particularité se manifeste classiquement par un stridor inspiratoire (bruit aigu à l’inspiration), mais elle peut aussi s’accompagner de raclements de gorge répétés, liés à une irritation chronique et à un mauvais passage de l’air autour des muqueuses.

La laryngomalacie se révèle souvent dans les premières semaines de vie et peut être plus marquée lorsque le bébé est agité, mange ou pleure. Dans la majorité des cas, elle évolue favorablement sans traitement spécifique, avec une amélioration progressive entre 6 et 18 mois grâce à la maturation et au renforcement des structures laryngées. Toutefois, si le raclement de gorge chronique s’associe à un stridor important, à des difficultés à prendre le biberon, à des pauses respiratoires ou à un mauvais gain de poids, une évaluation par un ORL pédiatrique est indispensable.

Bronchiolite à VRS et hypersécrétion bronchique résiduelle

Après un épisode de bronchiolite, en particulier lorsqu’il a été dû au virus respiratoire syncytial (VRS), de nombreux nourrissons conservent pendant plusieurs semaines une hypersécrétion bronchique. Même une fois la phase aiguë passée (toux grasse intense, respiration rapide, sifflements, parfois hospitalisation), les voies aériennes restent irritées et produisent davantage de mucus. Ce mucus remonte par la trachée et vient s’accumuler à l’arrière de la gorge, provoquant un raclement chronique ou une toux résiduelle, surtout la nuit et au réveil.

Il n’est pas rare que les parents s’inquiètent de ces bruits persistants alors que leur bébé ne fait plus de fièvre et semble globalement en meilleure forme. Dans la plupart des cas, ce raclement de gorge post-bronchiolite correspond à une phase de guérison, qui peut durer 3 à 4 semaines. Une surveillance attentive de la respiration, le maintien d’un environnement sans tabac, des lavages de nez réguliers et, si nécessaire, une consultation de suivi avec le pédiatre permettent de s’assurer qu’aucune complication (otite, surinfection bronchique) ne s’installe.

Asthme du nourrisson et hyperréactivité bronchique précoce

Chez certains enfants prédisposés (antécédents familiaux d’allergie, d’asthme ou d’eczéma), le raclement de gorge peut être l’un des premiers signes d’une hyperréactivité bronchique. L’asthme du nourrisson se manifeste rarement par de simples sifflements isolés : on observe souvent des épisodes répétés de toux sèche, de gêne respiratoire à l’effort ou lors des infections, et parfois un raclement de gorge chronique lié à une inflammation des voies aériennes. Cette inflammation entraîne une production accrue de mucus et une sensibilité exagérée aux irritants (fumée, pollution, infection virale, air froid).

Il peut être difficile, avant l’âge de 2 ou 3 ans, de poser formellement le diagnostic d’asthme, mais la répétition des épisodes (toux et raclements nocturnes, gêne respiratoire à chaque rhume, amélioration transitoire sous bronchodilatateurs) doit alerter. Si vous remarquez que votre bébé se racle régulièrement la gorge, tousse souvent la nuit et semble avoir du mal à reprendre son souffle lors des infections, parlez-en à votre médecin. Une prise en charge précoce de l’hyperréactivité bronchique (traitements inhalés adaptés, éviction des allergènes et de la fumée de tabac) permet de réduire l’inflammation chronique et d’améliorer nettement le confort respiratoire.

Allergies respiratoires et rhinite allergique pédiatrique

Les allergies respiratoires peuvent également être à l’origine d’un raclement de gorge persistant chez l’enfant, même si la rhinite allergique est plus fréquente après 2 ans. L’exposition répétée à des allergènes comme les acariens, les poils d’animaux, les moisissures ou certains pollens chez les plus grands, provoque une inflammation chronique des muqueuses nasales et pharyngées. Cette inflammation se traduit par un nez bouché ou qui coule en permanence, des éternuements, des démangeaisons nasales et un écoulement postérieur qui incite au raclement de gorge.

Chez le jeune enfant, l’allergie respiratoire se manifeste souvent par des symptômes traînants : éternels « petits rhumes », toux chronique, gêne nocturne et raclements répétés sans véritable fièvre ni signes infectieux francs. Si vous constatez que votre bébé est plus gêné dans certains environnements (chez vous, chez des proches avec animaux, dans une maison humide) et que ses symptômes s’améliorent nettement lorsqu’il en est éloigné, une évaluation allergologique peut être pertinente. La réduction de l’exposition aux allergènes (housses anti-acariens, aération, nettoyage régulier, limitation de la fumée de tabac) fait alors partie intégrante du traitement.

Trachéomalacie et anomalies structurelles des voies aériennes

Plus rarement, le raclement de gorge chronique peut révéler des anomalies structurelles des voies respiratoires, comme une trachéomalacie (trachée trop souple) ou des malformations congénitales (anneau vasculaire, sténose trachéale…). Dans la trachéomalacie, les parois de la trachée ont tendance à s’affaisser légèrement lors de l’expiration, ce qui entraîne un bruit respiratoire particulier, parfois confondu avec une toux ou un raclement. Les sécrétions ont également plus de mal à être évacuées, ce qui accentue la sensation de gorge encombrée.

Ces situations restent rares mais doivent être évoquées lorsque les symptômes sont présents depuis la naissance, qu’ils ne s’améliorent pas avec la croissance et qu’ils s’accompagnent de signes plus préoccupants : infections respiratoires répétées, difficultés à prendre du poids, fatigue à l’effort, pauses respiratoires, hospitalisations répétées. Dans ces cas, une prise en charge spécialisée en pneumologie ou en ORL pédiatrique est indispensable pour poser un diagnostic précis et proposer, si besoin, une prise en charge spécifique.

Diagnostic différentiel et examens complémentaires

Auscultation pulmonaire et signes cliniques d’obstruction respiratoire

La première étape de l’évaluation d’un bébé qui se racle souvent la gorge reste l’examen clinique réalisé par le professionnel de santé. Lors de l’auscultation pulmonaire, le médecin écoute attentivement la ventilation des deux poumons, à la recherche de bruits anormaux : sibilants (sifflements), ronchi (bruits graves liés aux sécrétions), crépitants ou diminution d’un murmure vésiculaire. Il observe également la fréquence respiratoire, la présence de tirage (creusement des côtes ou du creux du cou), de battements des ailes du nez ou de geignements expiratoires, qui sont autant de signes d’obstruction ou de détresse respiratoire.

C’est la combinaison entre ce que vous décrivez (fréquence des raclements de gorge, contexte d’apparition, impact sur l’alimentation et le sommeil) et ce que le médecin observe à l’examen qui oriente vers une cause plutôt qu’une autre. Un bébé qui se racle la gorge mais qui présente une auscultation parfaitement normale, une bonne saturation en oxygène et un état général satisfaisant ne nécessitera pas les mêmes investigations qu’un nourrisson essoufflé, fiévreux ou présentant des sifflements. Dans beaucoup de situations, l’examen clinique suffit à rassurer et à proposer des mesures simples de surveillance et d’hygiène.

Nasofibroscopie pédiatrique pour exploration des voies aériennes supérieures

Lorsque le raclement de gorge est chronique, intense ou associé à d’autres symptômes (stridor, voix enrouée persistante, difficultés d’alimentation, suspicion de malformation), l’ORL pédiatrique peut proposer une nasofibroscopie. Cet examen consiste à introduire délicatement, par une narine, un fin endoscope souple muni d’une caméra pour visualiser directement les fosses nasales, le rhinopharynx, le larynx et les cordes vocales. Réalisé en consultation, généralement sans anesthésie générale, il permet de détecter une laryngomalacie, des végétations volumineuses, une inflammation importante ou des anomalies structurelles.

Même s’il peut impressionner les parents, la nasofibroscopie est un examen rapide, bien toléré par la majorité des nourrissons, et riche en informations. Elle aide à différencier un simple reflux irritatif d’une pathologie laryngée plus spécifique, et à adapter la prise en charge en conséquence. Dans bien des cas, l’examen confirme le caractère bénin des symptômes, ce qui permet de rassurer durablement la famille et d’éviter des investigations inutiles.

Ph-métrie œsophagienne en cas de suspicion de RGO sévère

Lorsque le reflux gastro-œsophagien est fortement suspecté comme cause principale du raclement de gorge, en particulier si celui-ci s’accompagne de douleurs importantes, de difficultés d’alimentation ou d’un défaut de prise de poids, le pédiatre peut proposer une pH-métrie œsophagienne. Cet examen consiste à placer une petite sonde dans l’œsophage, reliée à un enregistreur, afin de mesurer l’acidité sur 24 heures. Il permet d’objectiver la fréquence et l’intensité des remontées acides, et de corréler ces épisodes aux symptômes observés (pleurs, raclements, toux).

Même s’il n’est pas systématique, cet examen est très utile pour confirmer un RGO pathologique et guider la décision de mettre en place, ou non, un traitement médicamenteux plus lourd (inhibiteurs de la pompe à protons, par exemple). Il aide aussi à distinguer un simple RGO physiologique, fréquent chez les nourrissons, d’une forme compliquée nécessitant un suivi spécialisé. En pratique, la pH-métrie est réservée aux situations où les symptômes sont sévères, persistants ou résistants aux mesures non médicamenteuses.

Radiographie thoracique et identification d’anomalies structurelles

Dans certaines situations, une radiographie thoracique peut être indiquée pour compléter le bilan d’un raclement de gorge chronique. Elle permet d’explorer la forme et la taille du cœur, des poumons, de la trachée et du médiastin, et de repérer d’éventuelles anomalies structurelles : déviation de la trachée, opacités pulmonaires, hyperinflation, signes d’infections récidivantes ou de malformations. La radiographie n’est pas systématique, mais elle est utile lorsque le médecin suspecte une pathologie sous-jacente plus complexe ou lorsqu’il existe des infections respiratoires répétées.

Associée à l’examen clinique, à l’interrogatoire précis des parents et, si besoin, à d’autres examens (scanner, IRM dans de très rares cas), elle permet d’orienter le diagnostic vers des causes rares mais importantes à ne pas méconnaître, comme certains anneaux vasculaires compressifs ou des anomalies congénitales des voies aériennes. Dans la grande majorité des cas de raclement de gorge isolé chez un nourrisson en bon état général, une telle imagerie n’est toutefois pas nécessaire.

Signaux d’alerte nécessitant une consultation médicale urgente

Certains signes associés au raclement de gorge doivent vous pousser à consulter en urgence, sans attendre le prochain rendez-vous de suivi. Il s’agit d’abord de tout signe de détresse respiratoire : respiration rapide (plus de 60 respirations par minute chez un nourrisson de moins de 2 mois, plus de 50 au-delà), tirage important au niveau des côtes ou du cou, geignements respiratoires, battements des ailes du nez, coloration bleutée des lèvres ou du visage. Si votre bébé semble lutter pour respirer, qu’il ne parvient plus à boire, ou qu’il s’interrompt pour reprendre son souffle, appelez immédiatement les services d’urgence.

D’autres symptômes doivent également alerter : fièvre élevée persistante chez un très jeune nourrisson, épisodes de malaises (perte de tonus, pâleur soudaine, regard fixe), vomissements en jet répétés, présence de sang dans les régurgitations ou dans les expectorations, refus total de s’alimenter pendant plusieurs heures, somnolence inhabituelle ou difficulté à réveiller votre enfant. De même, si vous avez l’impression que son comportement change brutalement (bébé habituellement tonique qui devient apathique, ou au contraire agitation extrême et inconsolable), n’hésitez pas à consulter rapidement. Face à un doute sur la gravité d’un raclement de gorge associé à ces signes, il vaut toujours mieux demander un avis médical.

Prise en charge thérapeutique et mesures environnementales adaptées

La prise en charge d’un bébé qui se racle fréquemment la gorge dépend étroitement de la cause identifiée, mais repose presque toujours sur un socle commun de mesures simples. L’objectif est double : soulager l’inconfort quotidien de votre enfant et limiter les facteurs qui entretiennent l’irritation des muqueuses respiratoires. En première intention, le médecin vous proposera souvent d’optimiser l’hygiène nasale (lavages réguliers au sérum physiologique), de veiller à une bonne hydratation, de maintenir un environnement domestique sain (sans fumée de tabac, avec une température modérée et une humidité correcte) et d’adapter la position de sommeil si nécessaire, en respectant les recommandations de prévention de la mort subite du nourrisson.

En cas de reflux gastro-œsophagien, la prise en charge associe des mesures posturales (garder bébé vertical après les repas, éviter de le comprimer au niveau de l’abdomen), alimentaires (fractionnement des repas, ajustement du débit de la tétine, éventuelle adaptation du lait ou de l’alimentation maternelle) et, pour les formes plus sévères, un traitement médicamenteux prescrit par le pédiatre. Lorsqu’une pathologie spécifique est identifiée (laryngomalacie, hyperréactivité bronchique, allergie respiratoire, malformation), une prise en charge spécialisée peut être mise en place : surveillance ORL, traitements inhalés, désensibilisation ou, plus rarement, geste chirurgical.

Parallèlement, certains ajustements du quotidien contribuent à apaiser le raclement de gorge et à améliorer le confort respiratoire de votre bébé : portage en position verticale après les repas, limitation des stimulations excessives avant le coucher, respect des rythmes de sommeil pour éviter la fatigue qui majore souvent les symptômes. Il est également utile de tenir un petit carnet de bord notant les moments où les raclements surviennent (après les tétées, la nuit, en présence d’animaux, en période de chauffage…) afin d’identifier d’éventuels déclencheurs. Enfin, n’oubliez pas de prendre soin de vous en tant que parent : accompagner un nourrisson qui se racle souvent la gorge, qui dort mal ou semble gêné peut être épuisant. N’hésitez pas à demander de l’aide, à partager vos inquiétudes avec les professionnels de santé et à vous faire accompagner si vous en ressentez le besoin.