# Quelle quantité de purée pour un bébé de 10 mois ?

L’alimentation d’un nourrisson de 10 mois marque une étape charnière dans son développement nutritionnel. À cet âge, votre enfant a déjà parcouru un chemin considérable depuis ses premières cuillères de purée lisse, et son système digestif gagne progressivement en maturité. Les parents se posent naturellement de nombreuses questions : combien de grammes faut-il proposer exactement ? Comment équilibrer les apports entre lait et alimentation solide ? Quelle texture privilégier pour favoriser l’éveil gustatif et l’autonomie ? Ces interrogations sont légitimes, car cette période représente un moment décisif où l’enfant développe ses préférences alimentaires qui l’accompagneront tout au long de sa vie. Les besoins nutritionnels évoluent rapidement, et adapter les portions devient essentiel pour soutenir une croissance harmonieuse tout en respectant les signaux de satiété naturels du bébé.

Besoins nutritionnels spécifiques du nourrisson à 10 mois

À 10 mois, les besoins énergétiques d’un nourrisson augmentent significativement pour accompagner sa croissance rapide et son activité physique grandissante. Votre enfant se déplace davantage, explore son environnement avec curiosité, et cette dépense énergétique accrue nécessite une alimentation adaptée. Les recommandations nutritionnelles actuelles insistent sur l’importance d’une diversification progressive qui respecte la physiologie digestive encore immature du nourrisson. Le système enzymatique continue de se développer, permettant une meilleure assimilation des nutriments issus d’aliments variés. Cette période constitue également une fenêtre d’opportunité pour prévenir certaines carences, notamment en fer et en zinc, dont les réserves accumulées pendant la grossesse commencent à s’épuiser.

Apports caloriques journaliers recommandés par l’OMS

Selon les directives de l’Organisation Mondiale de la Santé, un nourrisson de 10 mois nécessite approximativement 850 à 950 kilocalories par jour, une valeur qui peut varier selon son poids, sa taille et son niveau d’activité physique. Cette quantité énergétique provient d’une combinaison entre le lait (maternel ou infantile) qui représente encore environ 40 à 50% des apports caloriques totaux, et l’alimentation diversifiée qui couvre le reste. Il est fascilement de constater que chaque enfant possède son propre rythme métabolique : certains bébés de 8,5 kg auront des besoins différents d’un nourrisson de 10 kg à âge égal. L’essentiel consiste à observer les signaux que votre enfant vous envoie plutôt que de suivre aveuglément des chiffres théoriques. Les professionnels de santé rappellent qu’une approche individualisée, basée sur la surveillance régulière de la courbe de croissance, demeure la méthode la plus fiable pour évaluer l’adéquation des apports nutritionnels.

Répartition des macronutriments dans l’alimentation diversifiée

L’équilibre entre protéines, lipides et glucides revêt une importance capitale dans l’assiette d’un bébé de 10 mois. Les lipides doivent représenter environ 40% des apports énergétiques quotidiens, une proportion nettement supérieure aux recommandations pour adultes, car ils jouent un rôle fondamental dans le développement cérébral et la construction des membranes cellulaires. Les glucides complexes apportent l’énergie nécessaire aux multiples activités du nourrisson, tandis que les protéines, dont les besoins

complètes soutiennent la croissance musculaire et le développement des organes. À cet âge, les apports protéiques restent néanmoins modérés pour ne pas surcharger les reins encore immatures : l’essentiel des calories de la journée doit donc continuer à provenir du lait, des lipides de qualité et des glucides complexes (céréales, légumes, féculents).

Quantité de glucides complexes dans la purée de légumes

Les glucides complexes jouent un rôle central dans l’alimentation du bébé de 10 mois : ils lui fournissent une énergie durable, évitent les « coups de pompe » et contribuent à une bonne satiété. Dans une purée de midi ou du soir, on conseille généralement que les féculents (pomme de terre, patate douce, riz, pâtes, semoule, quinoa…) représentent entre un tiers et la moitié de la portion totale de purée. Concrètement, cela correspond le plus souvent à 50 à 80 g de féculents cuits intégrés dans une purée de 180 à 200 g de légumes-féculents.

Pourquoi autant de féculents dans la purée d’un bébé de 10 mois ? Parce qu’à cet âge, il se déplace davantage (quatre pattes, tentatives de marche, station debout) et a donc besoin d’un « carburant » régulier pour soutenir ses efforts. Les glucides complexes sont à l’alimentation ce que l’essence est au moteur : sans eux, l’organisme peut fonctionner, mais de manière moins fluide et plus fatiguante. Il est donc pertinent de proposer des purées de légumes associées à des féculents à chaque repas salé, plutôt que des légumes seuls qui rassasient moins longtemps.

Besoins en fer et zinc durant la phase de sevrage

Autour de 10 mois, les réserves de fer constituées pendant la grossesse sont largement entamées, voire épuisées. Or, le fer est indispensable au transport de l’oxygène dans le sang, au bon fonctionnement du cerveau et au système immunitaire. De la même façon, le zinc intervient dans la croissance, la cicatrisation et de nombreuses réactions enzymatiques. C’est pourquoi les autorités de santé, comme l’ANSES et l’ESPGHAN, recommandent d’introduire régulièrement des aliments riches en fer et en zinc dans les purées du nourrisson.

Les principales sources de fer hautement biodisponible à 10 mois sont la viande (particulièrement la viande rouge), le foie de temps en temps, et certains poissons. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs) et les céréales complètes apportent aussi du fer, mais moins bien absorbé. Quant au zinc, on le retrouve dans la viande, le poisson, l’œuf, mais aussi dans les produits céréaliers complets. Pour optimiser ces apports, il est recommandé d’ajouter chaque jour une petite portion de protéines animales bien cuites dans la purée principale, ce que nous détaillerons plus loin. L’association avec des légumes riches en vitamine C (poivron, brocoli, chou-fleur…) favorise également l’absorption du fer d’origine végétale.

Grammage précis de purée selon le schéma de diversification alimentaire

La question de la quantité de purée pour un bébé de 10 mois revient souvent en consultation. Si chaque enfant a son propre appétit, il existe néanmoins des repères utiles pour structurer les repas et s’assurer que les besoins nutritionnels sont couverts. Ces grammages évoluent en continuité avec ceux proposés à 7–8 mois, tout en tenant compte de la capacité gastrique qui approche les 200 à 250 ml par prise.

Texture moulinée versus texture avec petits morceaux fondants

À 10 mois, la texture de la purée n’a plus besoin d’être totalement lisse. Au contraire, les recommandations actuelles (HCSP, 2020) encouragent l’introduction précoce de textures plus épaisses et de petits morceaux fondants pour stimuler la mastication et prévenir les troubles de l’oralité. On distingue généralement trois niveaux :

  • Purée moulinée : plus épaisse, légèrement granuleuse, mais encore homogène. Adaptée si votre bébé débute à peine les morceaux.
  • Purée écrasée à la fourchette : on distingue les petits morceaux de légumes et de féculents qui s’écrasent facilement sur le palais.
  • Petits morceaux fondants séparés : légumes très cuits, petites pâtes, dés de patate douce, servis à côté ou mélangés à la purée.

Le grammage global de purée (ou d’assiette mixte) reste le même quelle que soit la texture : ce qui change, c’est le travail de la bouche. Si votre bébé refuse les morceaux ou semble gêné, il est possible de revenir quelques jours en arrière vers une texture plus moulinée, puis de reproposer progressivement des morceaux fondants. L’important n’est pas de forcer, mais de suivre le rythme de votre enfant tout en l’exposant régulièrement à ces nouvelles sensations.

Volume de 200 à 250 grammes par repas principal

Pour un bébé de 10 mois, la plupart des recommandations pratiques convergent vers un volume de 200 à 250 g de purée par repas principal (midi, et souvent le soir). Ce volume inclut les légumes, les féculents et la portion de protéines animales, mais pas le dessert (compote ou fruit) ni le lait éventuellement proposé à côté. On se situe ainsi dans la continuité des repères de 9–12 mois, qui préconisent environ 180 g à 200 g de plat salé, en augmentant légèrement si l’appétit de l’enfant le justifie.

Dans la pratique, cela peut par exemple correspondre à : 150 g de purée légumes + féculents, 20 g de viande ou poisson, et 10 à 15 g de fromage râpé ou de sauce onctueuse, pour atteindre environ 200 g. Certains bébés vifs et très mobiles pourront facilement manger 220 ou 230 g, quand d’autres resteront à 180–190 g sans que cela soit problématique, à condition que la courbe de croissance reste harmonieuse. À cet âge, on évite de peser chaque cuillerée au gramme près : ces volumes servent surtout de repères pour structurer l’assiette.

Progression depuis les 150 grammes à 8 mois

Si vous avez suivi un schéma de diversification classique, votre enfant consommait probablement autour de 120 à 150 g de purée à 7–8 mois. Entre 8 et 10 mois, on augmente progressivement les portions, en se laissant guider par les signes de faim et de satiété. Comment savoir s’il est temps de proposer plus ? S’il termine systématiquement son assiette, semble chercher encore de la nourriture, ou réclame très vite un biberon complémentaire, vous pouvez tester une augmentation de 20 à 30 g de purée sur quelques jours.

On peut imaginer une progression type : 150 g autour de 8 mois, 180 g entre 8½ et 9 mois, puis 200 g vers 9½–10 mois. Cette augmentation se fait sans urgence : certains bébés atteignent les 200–220 g dès 9 mois, d’autres seulement vers 11–12 mois, et les deux profils restent physiologiques si la courbe de poids et de taille est régulière. Pensez également à enrichir les purées (féculents, huile, fromage) plutôt que d’augmenter uniquement le volume, surtout chez les enfants au petit appétit.

Ajustement selon l’appétit et la courbe de croissance

Aucun tableau ne remplacera l’observation de votre bébé et le suivi de sa courbe de croissance. L’ajustement des quantités de purée doit toujours s’appuyer sur deux indicateurs-clés : les signaux d’appétit/satiété au quotidien et l’évolution de la courbe poids/taille sur plusieurs semaines. Si votre nourrisson de 10 mois mange 160 g de purée au lieu de 220 g, mais qu’il est éveillé, tonique, qu’il suit sa courbe et qu’il boit bien son lait, il n’y a pas lieu de le forcer.

À l’inverse, si la courbe de poids stagne ou fléchit, on pourra proposer des purées un peu plus riches en énergie (moitié légumes – moitié féculents, ajout d’huile) et vérifier qu’il reçoit bien au moins 500 ml de lait par jour. Un bébé très grand et actif pourra avoir besoin de portions de purée plus généreuses qu’un enfant de petit gabarit peu mobile. En cas de doute persistant, un avis de votre pédiatre ou d’un diététicien pédiatrique permettra d’affiner les quantités de manière personnalisée.

Composition optimale de la purée pour bébé de 10 mois

Au-delà de la quantité de purée, la composition de l’assiette est déterminante pour couvrir tous les besoins nutritionnels d’un bébé de 10 mois. L’objectif est de proposer un repas complet et équilibré, en respectant les repères du Programme National Nutrition Santé (PNNS) pour les enfants de moins de 3 ans : légumes variés, féculents, protéines animales en petite quantité, bonnes matières grasses et, bien sûr, absence d’ajout de sel et de sucre.

Ratio légumes-féculents selon le PNNS santé publique france

Le PNNS recommande que les féculents représentent environ un tiers à la moitié de la portion de légumes dans l’assiette de l’enfant. Pour une purée de 200 g, cela se traduit souvent par 120 à 140 g de légumes et 60 à 80 g de féculents cuits. Ce ratio légumes-féculents permet de concilier apport en fibres, vitamines et minéraux (grâce aux légumes), avec un apport énergétique suffisant et une bonne satiété (grâce aux céréales ou tubercules).

Une assiette type pour un bébé de 10 mois pourrait donc ressembler à ceci : 80 g de carotte + 60 g de courgette + 60 g de pomme de terre, le tout cuit à la vapeur puis écrasé ou mixé. En variant les légumes (courge, poireau, brocoli, épinards, patate douce, petits pois…) et les féculents (pomme de terre, riz, pâtes, semoule, polenta, quinoa), vous offrez à votre enfant une palette complète de nutriments et de saveurs, ce qui favorise l’acceptation à long terme d’une grande diversité d’aliments.

Intégration de 20 grammes de protéines animales

À 10 mois, les besoins en protéines restent modestes : les recommandations européennes situent la portion de protéines animales autour de 20 g par jour, soit environ 3 à 4 cuillères à café rases de viande ou poisson bien mixés, ou un demi-œuf dur. Il est généralement conseillé de proposer cette ration sur un seul repas principal (le midi), ou de la répartir midi et soir pour les bébés qui mangent peu en une seule prise.

Les viandes maigres (poulet, dinde, veau), la viande rouge de temps en temps, les poissons blancs (colin, cabillaud, merlan) et les poissons gras (saumon, maquereau, sardine) sont à alterner au fil de la semaine. L’œuf, bien cuit (dur, mollet, à la coque) peut être proposé jusqu’à un demi-œuf par jour. L’idée n’est pas d’augmenter sans cesse la quantité de protéines, mais de garantir un apport quotidien mais limité, car l’excès protéique avant 3 ans est associé à un risque accru de surpoids ultérieur.

Ajout de matières grasses : cuillère à café d’huile de colza ou beurre

Les matières grasses ne sont pas des ennemies chez le nourrisson, bien au contraire. Elles sont essentielles à la maturation du cerveau, du système nerveux et à l’absorption de certaines vitamines (A, D, E, K). Dans la purée d’un bébé de 10 mois, il est recommandé d’ajouter 1 à 2 cuillères à café de matières grasses par repas salé, en privilégiant les huiles végétales riches en acides gras essentiels.

L’huile de colza, en particulier, se distingue par son excellent équilibre entre oméga-3 et oméga-6, parfaitement adapté aux besoins du jeune enfant. Vous pouvez l’alterner avec de l’huile de noix, de soja ou un peu d’huile d’olive pour le goût. De temps en temps, une noisette de beurre cru ou une cuillère à café de crème fraîche peut enrichir la purée et la rendre plus onctueuse. Imaginez la matière grasse comme un « véhicule » qui transporte les vitamines liposolubles vers les cellules de votre bébé : sans elle, une partie des micronutriments précieux des légumes ne serait pas correctement utilisée.

Association patate douce, carotte et courgette pour l’acceptabilité

Certains légumes sont naturellement plus faciles à accepter par les bébés, grâce à leur douceur et leur texture fondante. L’association patate douce, carotte et courgette est un grand classique : elle offre une couleur appétissante, un goût légèrement sucré et une texture moelleuse, parfaite pour un enfant de 10 mois qui découvre ou consolide son appétit pour les morceaux. La patate douce et la carotte apportent des glucides complexes et du bêta-carotène, tandis que la courgette allège la texture et apporte de l’eau et des fibres solubles.

Vous pouvez, par exemple, préparer une purée composée de 70 g de patate douce, 70 g de carotte et 60 g de courgette, agrémentée de 20 g de poulet mixé et d’une cuillère à café d’huile de colza. Ce type de combinaison « gagnante » peut servir de base pour introduire progressivement des légumes au goût plus marqué (poireau, brocoli, épinard) en les mélangeant au départ en petite quantité à ce trio apprécié. C’est un peu comme glisser un nouveau livre au milieu des histoires préférées de votre enfant : il sera plus enclin à l’accepter.

Fréquence et répartition des repas avec purée

À 10 mois, la plupart des nourrissons ont adopté un rythme de quatre repas par jour : matin, midi, goûter et soir. Dans ce schéma, deux de ces repas sont généralement des repas salés à base de purée ou d’aliments en morceaux, les deux autres restant majoritairement lactés, éventuellement accompagnés d’un produit céréalier ou d’un fruit.

Deux repas salés avec purée dans le rythme des quatre repas

Vers 10 mois, il est tout à fait adapté de proposer deux repas salés par jour : un déjeuner complet avec purée (ou petits morceaux), protéines et dessert de fruit, et un dîner plus léger mais lui aussi composé de légumes et féculents. La quantité de purée sera souvent un peu plus importante à midi (200–220 g) et légèrement inférieure le soir (150–200 g), selon l’appétit et la fatigue de votre bébé.

Un exemple de journée-type pourrait être :

  1. Petit-déjeuner : 210–240 ml de lait maternel ou 2ème âge, éventuellement complété par un peu de pain ou de bouillie de céréales.
  2. Déjeuner : 200–220 g de purée légumes-féculents + 20 g de protéines animales + 1 cuillère à café d’huile + 100 g de compote.
  3. Goûter : 150–180 ml de lait + 100 g de fruit (compote ou fruit bien mûr) ou un laitage adapté.
  4. Dîner : 150–200 g de purée légumes-féculents (sans protéine animale ou en petite fraction) + 150–210 ml de lait selon l’appétit.

Ce rythme de quatre repas avec deux prises de purée permet de couvrir les besoins énergétiques tout en respectant le rôle central du lait à cet âge.

Alternance purée de légumes et petites pâtes

Pour diversifier les textures et éviter la lassitude, il est intéressant d’alterner entre purées de légumes classiques et petites pâtes ou autres féculents en morceaux. Par exemple, vous pouvez proposer un midi une purée de courgette et pomme de terre moulinée, et le lendemain des petites pâtes alphabet ou des perles de semoule mélangées à de la ratatouille très cuite et finement hachée.

Cette alternance aide votre bébé à développer ses compétences mastication-déglutition, tout en enrichissant ses expériences sensorielles. Les petites pâtes, le riz bien cuit, le quinoa ou la polenta peuvent ainsi prendre peu à peu la place des purées entièrement mixées. L’important est de veiller à ce que chaque repas reste globalement équilibré : légume + féculent + petite portion de protéine animale le midi, avec l’ajout systématique d’une matière grasse.

Maintien du lait maternel ou lait 2ème âge à 500 ml quotidiens

Même si votre bébé accepte bien les purées de 200 g et les petits morceaux, le lait reste un pilier de son alimentation. Les recommandations françaises et internationales insistent sur le maintien d’au moins 500 ml de lait maternel ou de lait 2ème âge par jour jusqu’à 12 mois révolus. Cette quantité peut être répartie en deux ou trois prises (par exemple, matin, goûter et/ou soir), en fonction du rythme de votre enfant.

Si, avec l’augmentation des quantités de purée, les apports en lait tendent à diminuer en dessous de ce seuil, il peut être pertinent de proposer des préparations à base de lait infantile (bouillies, crèmes, flans) au dessert ou au goûter pour compléter. L’idée n’est pas de multiplier les biberons, mais de s’assurer que la base lactée, riche en calcium, en protéines adaptées et en acides gras essentiels, reste bien présente dans sa journée.

Signes de satiété et régulation de l’appétit chez le bébé

Savoir quelle quantité de purée pour un bébé de 10 mois ne se résume pas à suivre un tableau de grammages : cela implique aussi d’apprendre à lire et respecter ses signaux internes. À cet âge, l’enfant est déjà capable de réguler spontanément ses prises alimentaires s’il n’est pas contraint. Observer ses réactions à table est donc aussi important que de peser ses portions.

Interprétation du réflexe de détournement de tête

Parmi les signes les plus évidents de satiété, on retrouve le fameux détournement de tête : votre bébé ferme la bouche, tourne la tête, pousse la cuillère ou attrape le biberon pour l’éloigner. Ce comportement ne doit pas être perçu comme un caprice, mais comme un message clair : « j’ai assez mangé pour cette fois ». Insister au-delà de ce point peut brouiller ses signaux internes et l’inciter à manger plus que ses besoins, ce qui à long terme peut perturber sa régulation naturelle.

D’autres indices peuvent vous alerter sur le fait qu’il est rassasié : il se met à jouer avec la nourriture plutôt que de l’ingérer, babille, regarde autour de lui, semble plus intéressé par son environnement que par l’assiette. À l’inverse, un bébé qui a encore faim se penche vers la cuillère, ouvre largement la bouche, s’agite si vous faites une pause trop longue entre deux bouchées ou pleure à la fin du repas. Ces signaux, combinés au suivi de sa courbe de croissance, sont vos meilleurs guides pour adapter les quantités sans rigidité.

Respect des signaux de faim selon la méthode DME adaptée

La diversification menée par l’enfant (DME) met justement l’accent sur cette capacité innée des bébés à gérer leur appétit. Même si vous ne pratiquez pas une DME stricte, vous pouvez vous en inspirer en laissant votre enfant participer au repas : lui proposer quelques morceaux fondants à prendre avec les doigts à côté de la purée, lui permettre de tenir sa cuillère, ralentir le rythme pour qu’il ait le temps de sentir venir la satiété.

En pratique, cela signifie éviter de « distraire » systématiquement votre enfant pour lui faire avaler quelques cuillerées de plus (dessins animés, jouets…), et ne pas le forcer à finir son assiette pour « ne pas gâcher ». En respectant ses signaux de faim et de satiété dès maintenant, vous l’aidez à construire une relation apaisée avec l’alimentation, basée sur l’écoute de son corps plutôt que sur des injonctions extérieures.

Évolution de la capacité gastrique à 250 ml par prise

Entre 6 et 12 mois, la capacité gastrique du nourrisson passe progressivement d’environ 150 ml à 250 ml par prise. À 10 mois, la plupart des bébés peuvent donc accueillir sans inconfort un volume de 200 à 250 ml de purée ou de lait par repas. Toutefois, cette capacité théorique ne signifie pas que tous les enfants doivent systématiquement atteindre ce volume à chaque repas.

Certains préféreront spontanément des repas un peu plus petits mais plus fréquents, quand d’autres seront à l’aise avec de grandes portions. Si vous observez des signes d’inconfort après le repas (éructations répétées, régurgitations abondantes, ballonnements, agitation), il peut être judicieux de réduire légèrement la quantité de purée et de compenser en augmentant un peu le goûter ou le lait. Là encore, la courbe de croissance et le confort digestif priment sur la recherche d’un chiffre « parfait ».

Erreurs courantes dans le dosage de purée à éviter

Malgré toute la bonne volonté des parents, certaines erreurs reviennent fréquemment lorsqu’il s’agit de déterminer la bonne quantité de purée pour un bébé de 10 mois. Les connaître permet de les éviter plus facilement et d’aborder les repas avec davantage de sérénité.

La première erreur consiste à forcer systématiquement bébé à finir son assiette, par peur qu’il ne « manque » de quelque chose. Cette pression peut conduire à une suralimentation et perturber durablement la perception de la satiété. Une autre erreur fréquente est de proposer des purées très volumineuses mais pauvres en énergie (quasiment que des légumes sans féculents ni matières grasses) : le bébé sera vite rassasié par le volume, mais rapidement affamé à nouveau, ce qui complique le rythme des repas.

On observe également parfois l’inverse : des assiettes très riches en féculents et en protéines, mais pauvres en légumes et en graisses de qualité. Le repas perd alors en densité micronutritionnelle (vitamines, minéraux, fibres) et peut devenir difficile à digérer. Enfin, il est important de ne pas réduire trop précocement les apports lactés au profit des purées : passer en dessous de 500 ml de lait par jour avant 1 an, sans avis médical, expose à un risque de carences, notamment en calcium et en certaines vitamines.

En gardant en tête ces quelques repères – 200 à 250 g de purée équilibrée par repas principal, au moins 500 ml de lait par jour, respect des signaux de faim et de satiété – vous disposez d’un cadre solide pour accompagner votre enfant de 10 mois vers une alimentation variée, suffisante et plaisante. Le reste se joue au quotidien, dans l’observation, l’ajustement fin et le plaisir partagé autour de la table.